Nombreux sont autour de moi les gens qui manient la langue anglaise. Langue que, reconnaissons-le, il s'avère sinon nécessaire au moins très utile de connaître. Le résultat, donc, c'est que j'entend fréquemment, pour ne pas dire à longueur de journée, des natifs francophones s'exprimer autour de moi dans la langue de John Cleese. Or, sans vouloir avoir l'air d'enfoncer violemment des portes ouvertes, force est de constater que l'accent moyen du Français déclamant en anglais se situe généralement entre l'abominable et le médiocre.

Je ne sais pas comment sont administrés les cours d'anglais dans les collèges à l'heure où je vous parle (enfin, à l'heure où je vous écris, on va dire. Ce qui me permet de cacher mon affreux accent lorrain mâtiné de notes exotiques importées de Belgique, Québec et autres provinces d'outre-Rhône), mais à mon époque la plupart des professeurs se fichaient pas mal de la prononciation de leurs élèves. Enfin, pour être juste, disons qu'ils étaient tellement enthousiastes d'arriver à en faire s'exprimer un ou deux à l'oral qu'ils préféraient ne pas entacher cette joie par des remarques qui auraient pu refroidir les élans de leurs têtes blondes (et brunes et rousses). Et puis il faut dire que l'effet de groupe étant ce qu'il est, le collégien moyen aura à cœur de parler anglais avec le même accent pourri que ses camarades, s'abstenant de sortir du lot pour ne pas essuyer les remarques ô combien blessantes des autres élèves qui lui reprocheraient aussitôt de se la péter grave. Du coup, cercle vicieux inside, rien n'est fait pour sortir le français de l'image de monolinguiste qu'il se trimballe auprès de ses voisins européens.

Seulement voilà, des fois, ça lasse. Je suis conscient que la plupart des Français de mon entourage s'exprimant en anglais connaissent surtout la langue par les écrits qu'ils ont pu lire (publications diverses, blogs, spams de leur boîte mail promettant des agrandissements spectaculaires), et que cela n'aide pas la pratique orale... mais tout de même, des fois, trop c'est trop. J'aimerai donc ici apporter une précision sur un point précis de la langue, et tenter d'apporter correction sur une faute par trop répétitive qui m'escagasse de plus en plus.

J'y viens.

Il se trouve, croyez-le ou pas, que la lettre L n'est pas toujours prononcée dans les mots de langue anglaise. Évidemment, il faudra la plupart du temps retenir de mémoire une liste de cas particuliers, mais avec un peu de temps, d'opiniâtreté, d'astuce et d'espièglerie, vous verrez, ça se passera très bien.

Depuis le sommet de ma tête, voici quelques mots comportant un L muet : half, calf, calm, palm, would, could, should, talk, walk, stalk, folk et salmon. On peut également ajouter à cette liste les mots psalm, balm, almond et alms, où le L est généralement muet même s'il peut être parfois prononcé.

Je vous laisse réviser, il n'y aura pas d'interro. Dans les prochains cours, nous aurons l'heur d'étudier la non-prononciation des B et des P dans des mots comme tomb ou psycho. Ne faîtes pas trop de bruit en sortant.