Bromepage

jeudi, 26 juillet 2007

Libre, mais pas trop

Je viens de lire un article sur le site Framasoft. Lequel article m'a quelque peu contrarié. Pour résumer, si vous avez la flemme de suivre le précédent lien, son auteur s'alarme de la faible proportion (30%) de licences BY et BY-SA parmi les licences Creative Commons (CC) attribuées par leurs auteurs à leurs œuvres de par le monde. Ce qui signifie donc que 70% des auteurs choisissant une licence CC ont opté pour une licence plus restrictive comprenant une des clauses ND, NC ou les deux.

Petit rappel qui ne fait pas de mal :

— BY : clause de paternité. Implique que quiconque utilise ou distribue l'œuvre doit en citer l'auteur.
— SA (Share Alike) : si l'œuvre est altérée, la version résultante ne peut être distribuée qu'avec la même licence CC que l'originale.
— NC (Non Commercial) : interdit qu'il soit fait une utilisation commerciale de l'œuvre sans le consentement de l'auteur.
— ND (No Derivatives) : interdit que l'œuvre soit modifiée ou utilisée pour créer une œuvre dérivée.

Rappelons aussi que chacune de ces clauses peut être contournée dès lors que l'on obtient l'autorisation de l'auteur.

Ces petites récapitulations étant faites, voici mon opinion sur le sujet. Comme vous le savez probablement si vous avez cliquouillé sur certains liens de cette page, je possède un compte Flickr sur lequel je poste des photos prises par moi. Ces photos, sauf erreur de ma part, sont toutes en licence CC BY-SA-NC-ND, c'est à dire la licence CC la plus restrictive qui soit. Pour aKa, l'auteur de l'article lié au début de ce post, la profusion de ce genre de licences n'est « pas cool ». Et il se demande si ceux qui adoptent ce type de licence cliquent au hasard sans savoir ce qu'ils choisissent, ou si « Les français ont l'obsession de se faire spolier ou défigurer leurs biens ».

Je m'explique donc. Non, je n'ai pas choisi cette licence au hasard. Si j'ai choisi NC, c'est tout simplement pour éviter qu'on se fasse de l'argent sur mon dos. Oh, j'avoue, c'est après tout bien improbable, mes petits clichés sont bien loin de ce que pourrait fournir un professionnel. Mais n'empêche que. Même improbable, la possibilité qu'un particulier ou une entreprise reprenne une de mes photos pour en faire une utilisation commerciale (par exemple pour illustrer une plaquette publicitaire, un article de magazine ou que sais-je encore) n'est pas à négliger totalement. Et j'avoue que ça me ferait mal de voir quelqu'un se faire de la caillasse sur mon dos, sans que je touche le moindre cent, sans que je ne puisse rien y faire, et sans en avoir été averti. La clause NC empêche justement cela : si quelqu'un veut pouvoir exploiter une de mes photos commercialement, il lui faudra me contacter pour en demander l'autorisation (j'estime que c'est tout de même la moindre des choses, après tout), et je serai en droit d'exiger une rétribution.

Comprenons nous bien. Je serai heureux de donner une telle autorisation à une assoce ou une petite structure qui voudrait les distribuer pour la bonne cause. Ainsi, par le passé, j'ai autorisé la diffusion de certaines de mes photos sur un CD qui était vendu à un faible prix pour financer le coût du support, mais il n'y a pas là exploitation dans le but de faire de l'argent, le but était clairement qu'un maximum de gens puissent voir ces photos. À l'inverse, je serais révolté que mes photos permettent à des requins de se faire de l'argent facile sans se fatiguer.

Quant à la clause ND, c'est quelque peu différent. Ce que je ne veux pas, c'est que quelqu'un modifie une de mes photos d'une manière que je pourrais estimer dégradante, ou bien pour exprimer une opinion ou une idéologie que je réprouve. Un exemple : admettons que je publie une photo de mon chien mort que j'aimais beaucoup, ça pourrait me faire de la peine de voir quelqu'un modifier cette photo pour en faire une image comique. Là encore, ça ne signifie pas non plus que je sois totalement opposé à la modifications de mes photos ! Mais je veux en être averti avant, de manière à ne pas autoriser n'importe quoi.

À noter aussi que si je diffusais de la musique créée par moi, je ne lui apposerais certainement pas la clause ND, car les problèmes cités ci-dessus ne se présentent pas, ou peu. De plus, la réutilisation de samples pour créer de nouveaux morceaux est chose courante dans la musique moderne, et je ne vois pas de raison de m'y opposer dès lors qu'elle sert un but créatif. À condition bien entendu que le résultat ne soit pas à but commercial (clause NC).

Bon, si j'avais le temps, là, je continuerai en vous parlant du libre et des ses aficionados, mais ce sera pour un prochain post.

lundi, 16 avril 2007

HDR

Avertissement : si la photographie ne vous intéresse pas un minimum, abandonnez tout espoir d'arriver au bout du pavé ci-dessous.

Ça fait pas très longtemps que j'ai découvert la photo HDR (High Dynamic Range), mais c'est vrai que depuis j'ai un peu tendance à en mettre à toutes les sauces. Bon, au début c'est normal, tout nouveau tout beau. Mais je me disais quand même que c'était une technique à réserver à certaines conditions particulières, quand l'éclairage et le sujet rendaient la chose intéressante.

Parce que ça demande du temps et des efforts le HDR. Sur qu'un jour, même les APN à trois euros six sous feront tous de la photo à large gamme dynamique à partir d'une simple exposition sans problème, mais pour le moment c'est loin d'être le cas. En pratique si je veux prendre une photo HDR, il me faut fixer l'appareil sur un pied, prendre au moins deux clichés mais de préférence trois ou davantage à des valeurs d'exposition différentes, ouvrir les clichés avec un soft adapté (Toshop CS3 la plupart du temps) qui les transformera en une seule photo HDR, puis tonemapper l'image obtenue de façon à ce que toute la dynamique en soit visible sur un moniteur normal (parce que pour l'instant c'est pas le cas, mais oui bien sur, un jour on aura tous des moniteurs à large gamme dynamique avec un contraste de fou). Ça fait quand même pas mal d'étapes.

Donc jusqu'ici, quand je voulais faire du HDR c'était contraignant. Je préparais mon expédition, cherchais un sujet valable, embarquais un pied, passais de longues minutes à faire les prises de vue, puis encore davantage de temps à traiter le résultat.
Et puis je me sentais coupable, parfois. Je me disais : est-ce que l'utilisation du HDR est bien justifiée, ici ? Est-ce qu'une photo "normale" en LDR ne rendrait pas mieux ? Est-ce que je ne suis pas en train de me prendre le chou en mettant du HDR partout ?

Et puis finalement, je me suis dit "Et puis merde" (Et puis merde, ça libère l'homme. Et un homme libéré, il repère les occases. Si vous ne me croyez pas, regardez Risky Business).
Et puis merde, donc. Maintenant quand je shoote avec mon bridge, mes photos, je les prend toutes avec un bracketing d'exposition. Je vise, j'appuie, et l'APN prend trois photos automatiquement : une sous-exposée, une surexposée, et une correctement exposée. Je ne me pose plus de questions. Et tout ça en format RAW, ma bonne dame, parce que je peux vous assurer que le jour où j'ai découvert la supériorité de l'étendue dynamique d'un RAW 12 bits sur une JPEG 8 bits, ça a été une sacrée révélation. Donc maintenant, RAW über alles. Vous allez me dire, tout ça doit prendre une place folle ! Mais on s'en fout, maintenant les cartes mémoire ne coûtent plus rien.

Et donc du coup, j'ai fait le choix de ne plus choisir. Une fois rentré au bercail, si le sujet l'exige, je peux toujours tirer une photo HDR de mes clichés. Si le rendu de la photo LDR d'origine est suffisante, je n'ai rien à faire.

Mais de toute manière, tout ça me paraitra trivial dans quelques années. Les APN HDR existent déjà sur le marché (voir le premier lien de ce post), et leur démocratisation ne devrait donc pas tarder.